La premiere mention d’une école primaire a Remete remonte a 1763, lorsque le curé du village Csergő Ferenc signale une école a côté de l’église. L’enseignement se faisait en allemand. Cette meme année, on trouve trace de l’instituteur, «schole instructor», Borbély Istvan. Le nombre des éleves a cette époque était de 160. L’école dépendait de l’église et le pretre en était le directeur. Le chantre participait également a l’enseignement, aux côtés de l’instituteur. En 1818 il est fait mention du maître Laczkó József et du maître-chantre Deák Ádám. En 1826, a l’époque des réformes en Hongrie, on reconstruisit le bâtiment de l’école, qui comporta trois salles de classe et un appartement pour l’instituteur. En 1872 l’école fut rénovée et agrandie d’une salle de classe. En 1874 on créa une école a Csutakfalva. Au cours des premieres années, l’enseignement fut dispensé dans une maison louée. En 1877, on acheta un terrain pour y bâtir l’école actuelle.
Au tournant du siecle, les écoles de Remete furent confrontées a de graves problemes : manque de salles de classe et d’instituteurs. En 1895, sur les 1237 enfants scolarisables, seuls 926 fréquentaient l’école. Les autorités locales s’adresserent au Ministere de l’Education Nationale pour obtenir une amélioration de la situation de l’enseignement. L’affaire fut soutenue par la presse de Gyergyó. Cette campagne, associée a de nombreuses plaintes, finit par aboutir. Deux écoles de quatre classes furent édifiées a Bernad et Alszeg, sur la butte de Hadnagy.
Mentionnons, durant ces années, les directeurs Salló Károly et Molnár Károly et le maître Földes Zoltán, de l’école centrale, ainsi que le directeur Borka Lajos, de Csutakfalva, qui, en plus de l’école, s’occupaient d’enseignement pour adultes, de l’organisation des cercles de cultivateurs, de jardinage ainsi que du théâtre amateur pour enfants et adultes.
L’enseignement fut nationalisé en 1910.
Földes László (1884-1956), bien que Docteur en droit a Kolozsvár (Cluj), vint a Remete pour y etre instituteur. Il y enseigna durant les années qui précéderent la premiere guerre mondiale. A cette époque, il fit paraître ses recueils de poésies et collabora aux journaux et aux publications suivants : Hirnök (Messager), Pásztortűz (Feu de Pâtre), Vasárnap (Dimanche), Új cimbora (Nouveau Copain), Jóbarát (Bon Ami), Erdélyi Tudósitó (Courrier de Transylvanie). Il écrivit pour les éleves un livre contenant des compliments en vers et rédigea le manuel de géographie du comitat Maros-Torda a l’usage des écoles. Pour les classes primaires de la 4eme a la 8eme année, il élabora un livre de lecture en hongrois qui fut utilisé jusqu’en 1937. Pour les 6emes et 7emes classes, il rédigea un livre relatif a l’hygiene. On lui doit également de beaux écrits en prose tels que : Az endrédi leányvásár (La foire de jeunes filles d’Endréd) et d’autres récits : Szivvel (De tout coeur), Az elveszett leány (La jeune fille perdue). Reprenant les notes rédigées au cours de la seconde moitié du sciecle précédent par son pere, Földes József, qui avait été directeur et maître a Csiksomlyó, il fit publier ses bons conseils et ses histoires didactiques dans un ouvrage intitulé «Les expériences du pere Jean».
La situation de l’enseignement a Remete changea radicalement entre les deux guerres mondiales. Lorsque le 1er décembre 1918, la grande assemblée de Gyulafehérvar (Alba Iulia) décréta, sans avoir consulté la population transylvaine, l’annexion de la Transylvanie a la Roumanie et la création de la Grande Roumanie, elle avait conscience des problemes aigus des minorités nationales dans cette province. C’est pourquoi le nouvel état promit, dans ses actes de gouvernement, une liberté nationale totale aux minorités ethniques, liberté qui fut ratifiée dans le Traité des Minorités signé a Paris. Cependant, aucune décision ne fut inscrite dans la constitution roumaine de 1923, ni dans celle de 1938. C’est ainsi que le probleme de l’enseignement devint l’un des plus douloureux dans l’histoire des Hongrois de Transylvanie durant l’entre deux guerres.
Le libéral Angelescu, ministre des Cultes et de l’Instruction Publique, inséra dans son programme politique l’étatisation et la roumanisation de l’enseignement hongrois. Conformément a la loi sur l’instruction de 1924, on institua l’analyse des noms de famille pour définir l’appartenance nationale ; en vertu de quoi, les enfants dont les noms étaient d’origine roumaine ou avaient une consonance roumaine furent inscrits de force dans des classes roumaines. Les instituteurs roumains qui, conformément a la loi, accepterent d’enseigner quatre années durant dans des régions hongroises, reçurent une augmentation de salaire de 50%, différentes indemnités, ainsi que des terrains. Ainsi des villages peuplés en totalité par des hongrois se virent-ils dotés d’enseignants roumains, qui non seulement étaient incapables d’enseigner aux enfants dans leur langue mais encore les empechaient d’apprendre a lire et a écrire en hongrois. Dans les écoles confessionnelles, on décréta obligatoire l’enseignement de cinq matieres en langue roumaine. On obligea les professeurs hongrois plus âgés a passer des examens de roumain et on créa des examens de capacité pour les plus jeunes. Les examinateurs roumains recalerent tant de candidats hongrois a ces deux examens que le nombre des professeurs tomba a 6, voire moins, par école. L’état faisant purement et simplement fermer les écoles qui manquaient d’enseignants, l’église fut contrainte d’embaucher des professeurs de langue roumaine.
Cette situation toucha aussi les écoles de Remete. Selon les sources dont nous disposons, les documents scolaires, apres 1920, étaient partiellement, et plus tard totalement en langue roumaine. Cette langue était répartie en quatre disciplines, tandis que le hongrois ne comportait qu’une seule note par an. A partir de l’année scolaire 1937-1938, les éleves de Remete ne pouvaient plus apprendre le hongrois, leur langue maternelle. A l’école centrale, en 1928, trois instituteurs sur quatre étaient de langue roumaine et en 1936 ils étaient six sur neuf.
A cette époque, le directeur de l’école, Szabó József, qui était hongrois, s’ingénia, dans la mesure du possible, a préserver la mentalité hongroise de l’école.
A partir de l’année scolaire 1937-1938 et jusqu’au Traité de Vienne, un enseignant roumain prit la direction de l’école. Un élément positif, toutefois, marqua cette période. L’absence de bâtiment scolaire était un probleme récurrent et la commune acheta, en 1932, la maison du commerçant Novák Gyula, au prix d’une partie de ses propriétés de Borszék (Borsec) et y aménagea des salles de classe.
Pendant les quatre années qui suivirent le deuxieme traité de Vienne (30 aout 1940) et le rattachement de la Transylvanie du Nord a la Hongrie, l’enseignement dans la langue maternelle fut rétabli a Remete. L’église acheta la maison Sáska (Dobribán), dans laquelle deux, puis quatre pieces furent transformées en salles de classe. Á Kicsibükk, hameau situé a 8 km du centre du village, on créa, en 1941, une autre école. A cette époque, le corps enseignant comptait vingt personnes, dont six a Csutakfalva et une a Eszenyő et a Kicsibükk.
En 1944, la débacle allemande et la percée soviétique, ainsi que les vicissitudes des quatre années d’apres-guerre (difficultés matérielles et grand nombre de prisonniers de guerre), marquerent aussi l’enseignement. Les éleves fréquenterent irrégulierement les écoles.
En 1948, suite a l’étatisation de l’enseignement, les établissements scolaires des églises officielles devinrent propriété de l’état. La loi rendant l’école obligatoire, le nombre d’éleves et les fonds alloués aux écoles augmenterent.
Des écoles élémentaires furent ouvertes, en 1949 a Martonka et en 1953 a Csutakfalva. En 1954,grâce a la construction dans la partie nord du village de la fabrique de lait en poudre, l’infrastructure de cette zone se développa. C’est ainsi que fut créée en 1956 l’école primaire située pres de l’usine. Cet établissement scolaire fonctionna dans un premier temps dans le local du club de la fabrique ; en 1964 fut construite l’école actuelle, dotée de quatre salles de classe.
L’année scolaire 1962-1963 apporta un important changement qualificatif dans l’histoire de l’enseignement a Remete. Sous la direction de Füstös Károly, on acheva la construction de l’école a trois étages au centre du village et l’enseignement secondaire y fut introduit. 140 éleves termineront leurs études au lycée de Remete, qui fonctionna jusqu’en 1973.
La période entre 1960 et 1980 fut une période de progres en termes d’équipement et de pédagogie. Sous la direction de Szitás András, Oláh Ilona, Laczkó Elvira a Csutakfalva et de Kocsis Antal, Kántor István, Bakos Levente a l’école centrale, on améliora le matériel pédagogique, développa les bibliotheques et les activités sportives. Le développement de l’école fut au centre des préoccupations des dirigeants Oláh József et Szabó Ferenc, maires a cette époque.
Cependant, chaque médaille a son revers. Ainsi, a partir de 1980, nos écoles furent fortement influencées par la politique et le nationalisme se fit durement ressentir. ”La langue maternelle de l’enseignant est la langue de l’enseignement”. En vertu de ce principe, des professeurs de langue roumaine arriverent dans nos écoles, certaines disciplines comme l’histoire et la géographie du pays, ainsi que l’éducation civique, furent obligatoirement enseignées en roumain, ce qui eut de graves conséquences. L’athéisme forcé désunit école, église et parents d’éleves.
Les changements de 1989 (la «révolution») offrirent de nouvelles perspectives au développement de l’école a Remete. En 1991, l’école centrale prit le nom de Frater György, en 1996 celle de Csutakfalva celui de Balás Jenő. Elles ont de nos jours une plus grande autonomie et sont dirigées par plusieurs personnes. Ces deux établissements disposent d’ordinateurs, de radiodiffusion interne, de livres, d’équipements audio-visuels. Des relations se sont tissées avec l’étranger. L’école Fráter György entretient des rapports avec Tab et Gerendás, localités de Hongrie, tandis que l’école Balás Jenö correspond avec les écoles de Hetvehely et de Vál, également en Hongrie, ainsi qu’avec la société Bauxit R.T de Tapolca et la Fondation Bocskai de Ráckeve. Ces deux écoles sont aidées par la commune suisse d’Avully. Une soixantaine d’enseignants travaille actuellement avec environ mille éleves et enfants de maternelle. En 1998, l’École Fráter György a reçu le titre «d’école représentative», ce qui contribue non seulement a la réputation de l’école mais signifie également une plus grande autonomie. Depuis 1990, son directeur est Papp Mihaly, professeur de biologie et, depuis 2000, son adjointe est l’institutrice Mastaleriu Erzsébet.
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